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Pourquoi l'art dans les profondeurs des cavernes?

Reste le problème de fond du pourquoi ou dans quelle intention l’art rupestre. C’est la question à laquelle il est le plus difficile d’apporter une réponse. Nous sommes très éloignés de la structure mentale des artistes d’Ekain et Altxerri et il n’est pas aisé de faire des investigations sur leurs intentions, leurs joies, leurs craintes, et le monde de représentations dans lequel ils évoluaient. On peut certes parier que de telles figures n’étaient pas de simples ornements.

D’en avoir été ainsi, ils les eussent peintes à l’entrée de la caverne où tout un chacun, proche ou étranger, eût été en mesure de les voir. Or, ils pénétraient profondément à l’intérieur pour les réaliser. Ils étaient en quête d’une autre finalité.

La magie de la chasse est l’une des théories à avoir été le plus communément avancées pour expliquer l’art rupestre. Selon cette théorie, le chasseur en représentant la figure devenait dans une certaine mesure dominant sur cette dernière.

La dominant en effigie, il devait aussi mieux pouvoir la dominer au moment de la chasser. S’il la blessait, le succès n’en serait que plus facile. En outre, on peut y associer l’idée selon laquelle l’animal réel se rapproche de l’animal représenté, l’intention de la sorte aurait été de faire venir ces animaux plus près de la caverne.  Cette théorie à Ekain renvoie à une difficulté. Les restes de l’établissement humain de l’entrée sont dans leur majorité de cerf et de bouquetin. Les restes de bison sont très peu nombreux et les plus rares et clairsemés sont les restes d’équidés. Autant de données qui conforteraient la théorie du totémisme. Le cheval serait le totem des occupants d’Ekain. Or, le totem est sacré. Les non initiés ne peuvent le voir. D’où son occultation dans le sanctuaire.

A Ekain, le totem serait le cheval. De là sa représentation dans ces profondeurs. Et de là qu’il aurait échappé à la chasse. Mais comment se fait-il alors qu’ils le blessaient si souvent ? A Ekain, nombreux sont les chevaux blessés par des lances ou des javelots. Par ailleurs, la cavité ne contient pas uniquement une espèce d’animaux. On y trouve également des bisons, des bouquetins, des cerfs, des ours, des poissons...On a pensé également que l’art paléolithique s’appuyait sur un système dual. Dans le cas d’Ekain, dans le groupe V d’Altxerri, dans la loge de Satimamiñe et bien d’autres lieux, sur le système cheval-bison. Une telle dualité, également appuyée sur des signes, représenterait selon Leroi-Gourhan la dualité sexuelle de la nature. Mais dans la nature, on rencontre tout aussi bien d’autres dualités, comme la vie et la mort, la lumière et l’obscurité, le plaisir et la douleur....Récemment, on a voulu également y voir une relation avec le chamanisme.

Le système chamaniste, qui continue d’exister de nos jours chez nombre de peuplades, conçoit un univers structuré à différents niveaux, lesquels correspondent à des mondes superposés ou parallèles, et pense que les pouvoirs qui hantent ces mondes, peuvent agir sur le nôtre. Il croit certaines personnes en mesure, dans certaines conditions, d’entrer en contact avec ces pouvoirs. Ce contact peut avoir lieu par le truchement d’esprits auxiliaires, qui prennent parfois des formes animales et se présentent au chaman. Celui-ci s’identifie à eux et peut même projeter son âme dans l’autre monde pour se retrouver avec eux et invoquer leur protection. Ce voyage, qui s’effectue en état de transe, peut se produire lors de cérémonies collectives ou en solitaire.

Il paraît hasardeux de prétendre expliquer une réalité aussi vaste et variée que l’art paléolithique, lequel s’est étendu sur de nombreux millénaires, en se cantonnant à une seule voie. En réalité, toutes les théories pêchent par le même travers. Toutes ont prétendu tout expliquer par une seule idée. Peut-être, comme si souvent dans des occasions analogues, devons-nous en arriver à la conclusion que toutes les théories ont probablement leur part de vérité : ces êtres humains pratiquaient certes la magie, ils ressentaient de la préoccupation pour un monde vivant structuré sexuellement, mais ils éprouvaient aussi un grand intérêt pour la création artistique. Beaucoup des figures paléolithiques sont d’une telle perfection qu’il n’est pas possible de penser qu’elles aient été réalisées sans un apprentissage et probablement sans des écoles, qui montrent par ailleurs des styles différents dans l’espace et dans le temps. Il s’agit aussi indéniablement d’artistes. Et de la même manière que les artistes classiques décoraient les temples grecs et romains ou que les artistes chrétiens de tous temps reproduisirent tant de figures et de scènes bibliques, unissant religion et art, de même l’homme préhistorique associa sa Religion à son Art. Le problème est qu’il est autrement plus difficile de pénétrer la première que ce dernier.

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