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La grotte d'Ekain

La découverte

90. Entrée originaire de la grotte d'Ekain.
90. Entrée originaire de la grotte d'Ekain.

Nous avons déjà dit que l’on doit la découverte de cette grotte à deux jeunes gens d’Azpeitia, Andoni Albizuri et Rafael Rezabal. Ayant localisé la petite cavité qui n’étaient pas inconnue des gens de l’endroit, ils se disposèrent, un dimanche, à y faire un sondage afin de vérifier la présence d’un gisement éventuel.

Au moment d’entamer leur besogne, ils notèrent de l’air froid qui s’échappait d’un petit trou. Ils ouvrirent un espace suffisant de manière à pouvoir se traîner à plat ventre. Ils rampèrent sur environ 20 mètres, au bout desquels ils purent se relever. Ils s’assurèrent que le sol qu’ils foulaient, couvert d’un manteau stalagmitique, était ferme et avancèrent dans la galerie, qui s’élargissait de plus en plus. La pellicule stalagmitique crissait sous leurs pieds, en collant au sol sous-jacent. Cette galerie était vierge. Nul n’y avait pénétré depuis des temps immémoriaux. Ils continuèrent d’avancer dans la galerie jusqu’à se trouver devant le grand panneau des Chevaux.

91. Grand panneau de chevaux.© Jesús Altuna
91. Grand panneau de chevaux.© Jesús Altuna

L’émotion qui les saisit les cloua sur place, les empêchant de continuer à prospecter la grotte. Ils décidèrent de sortir. L’après-midi même, ils communiquaient la découverte à Don José Miguel de Barandiaran, et le lendemain, un lundi, à l’auteur de ces lignes.

Le mardi, Barandiaran et moi-même nous rendîmes sur le site, avec les découvreurs, afin de visiter la grotte et le jeudi, avant que la nouvelle ne se propageât, une porte en fer en barrait la petite entrée. La grotte n’avait pas de nom, nous décidâmes de lui appliquer le toponyme de la colline dans laquelle elle était située.

Trois semaines plus tard, nous commencions la première étude du sanctuaire. Etude publiée fin 1969 dans la revue Munibe. Simultanément, nous faisions procéder dans le vestibule de la grotte au sondage qu’Andoni et Rafael n’avaient eu le loisir de faire, pour avoir découvert l’orifice de pénétration à l’intérieur. Ce sondage eut un résultat positif. On tenait la preuve de l’existence d’un gisement préhistorique.

92. Colline qui abrite le sanctuaire d'Ekain.
92. Colline qui abrite le sanctuaire d'Ekain.

Trois semaines plus tard, nous commencions la première étude du sanctuaire. Etude publiée fin 1969 dans la revue Munibe. Simultanément, nous faisions procéder dans le vestibule de la grotte au sondage qu’Andoni et Rafael n’avaient eu le loisir de faire, pour avoir découvert l’orifice de pénétration à l’intérieur. Ce sondage eut un résultat positif. On tenait la preuve de l’existence d’un gisement préhistorique.

Protection et conservation du gisement

93. Plan de la grotte d'Ekain.
93. Plan de la grotte d'Ekain.

Du jour de la découverte commença toute une série de problèmes et de querelles entre les autorités du moment et le département préhistoire de la Société des sciences Aranzadi. On était dans les années du grand boom touristique, sur l’autel duquel trop de choses furent sacrifiées. Des années qui voyaient près de 200.000 personnes par an entrer à Altamira, dont la grotte était exploitée au nom du tourisme, dans le plus mauvais sens du terme. On voulait en faire autant avec Ekain. Le département s’y opposa de manière frontale. La vague touristique était cependant beaucoup plus puissante et avait toutes les chances de l’emporter, dans la situation politique de l’époque.

Dans la presse, la Société des sciences Aranzadi fut accusée de mettre la culture derrière des barreaux et l’on en demandait l’ouverture sans délai.

94. L'un des lieux d'Ekain, aux belles formations stalagmitiques.
94. L'un des lieux d'Ekain, aux belles formations stalagmitiques.

Gardienne du patrimoine préhistorique du Gipuzkoa depuis sa fondation en 1947, la Société des sciences Aranzadi défendit contre vents et marées la conservation d’un bien patrimonial aussi extraordinaire mais à la fois si fragile. Son argument étant que si l’ouverture pouvait assouvir la curiosité de quelque-uns et remplir les poches des autres, elle signifierait aussi la perte de ce bien, privant les générations futures de toute connaissance en la matière.

95. Grande tęte de cheval peinte en teinte plate. Il s'agit de la premičre figure de la grotte qui paraît annoncer que celle-ci constitue un sanctuaire consacré au cheval .
95. Grande tęte de cheval peinte en teinte plate. Il s'agit de la premičre figure de la grotte qui paraît annoncer que celle-ci constitue un sanctuaire consacré au cheval .

Rien n’y fit. La Société, qui abritait le Commissariat aux fouilles archéologiques de la province du Gipuzkoa, fut dessaisie de ses prérogatives. Le Commissariat lui fut retiré par le ministère de l’Education de Madrid. Toutefois, on l’autorisa à programmer les fouilles du gisement, ce qui la conduisit à demander que le site ne fût pas ouvert au public, dans la mesure où l’on ne pouvait fouiller le vestibule si des visiteurs l’empruntaient constamment pour passer à l’intérieur. Il lui fut accordé satisfaction sur ce point et les fouilles purent commencer la même année 1969, pour ne finaliser qu’en 1975.

96. Grande roche naturelle qui ressemble ŕ une tęte de cheval.© Jesús Altuna
96. Grande roche naturelle qui ressemble ŕ une tęte de cheval.© Jesús Altuna

A cette date, les choses étaient considérées sous un jour un tant soit peu différent. Les dommages causés par l’excès de visites dans les cavités ornées de Lascaux et d’Altamira étaient connus de tous. Par ailleurs, l’avancée vers l’établissement de conditions démocratiques après la mort du dictateur et l’instauration d’un régime de pré-autonomie au Pays basque, permirent de garder la grotte fermée. L’époque la plus délicate était derrière nous. veillé sur ce magnifique bien patrimonial. La grotte se trouve par conséquent telle qu’elle fut découverte et comme elle a été, pendant tant de siècles en arrière, depuis une époque non déterminée.

97. Saumon sautant dans un rapide de la rivičre.© Xabi Otero
97. Saumon sautant dans un rapide de la rivičre.© Xabi Otero

La mairie de Zestoa est maître d’oeuvre d’une réplique à l’heure actuelle, afin que ce patrimoine remplisse sa fonction sociale et didactique, sans mettre en péril sa conservation.

Description de la grotte et de ses représentations

98. Bison en vis-ŕ-vis du suivant dans la galerie. Tous deux font place aux ensembles de chevaux.© Jesús Altuna
98. Bison en vis-ŕ-vis du suivant dans la galerie. Tous deux font place aux ensembles de chevaux.© Jesús Altuna
99. Bison peint. Il a été utilisé ŕ nouveau, pour sa réalisation, une bordure rocheuse naturelle, qui ressemblait au dos et ŕ la queue d'un bison. L'artiste d'Ekain s'est limité ŕ peindre les parties qui manquaient.
99. Bison peint. Il a été utilisé ŕ nouveau, pour sa réalisation, une bordure rocheuse naturelle, qui ressemblait au dos et ŕ la queue d'un bison. L'artiste d'Ekain s'est limité ŕ peindre les parties qui manquaient.
100. Saumon peint, pour l'oeil duquel et la partie antérieure du dos on a utilisé un trou naturel de la roche et une bordure rocheuse.
100. Saumon peint, pour l'oeil duquel et la partie antérieure du dos on a utilisé un trou naturel de la roche et une bordure rocheuse.
101. Trous d'hibernation de l'ours des cavernes.
101. Trous d'hibernation de l'ours des cavernes.
102. Galerie Zaldei, oů se trouvent les principaux ensembles de chevaux.© Jesús Altuna
102. Galerie Zaldei, oů se trouvent les principaux ensembles de chevaux.© Jesús Altuna

Nous avons indiqué qu’il existait à l’entrée de la grotte un gisement archéologique dont la fouille nous a éclairés sur la vie de artistes qui ornèrent la cavité. Sous ses niveaux archéologiques magdaléniens, on trouve d’importantes niveaux emplis d’os d’ours des cavernes. Ceux-ci occupèrent la grotte par conséquent avant l’arrivée des groupes magdaléniens, et hibernèrent par centaines à l’intérieur, comme l’indiquent les empreintes de polissage par frottement sur nombre des saillants rocheux des passages étroits de la caverne, ainsi que les trous d’hibernation qu’ils creusaient pour s’y pelotonner et dormir. C’est à cette époque que se referma peu à peu l’entrée menant aux galeries profondes d’Ekain. Pour entrer à l’intérieur de la caverne, dans ces galeries profondes qui partent sur la droite de l’entrée, les occupants magdaléniens devaient passer par un resserrement qui les obligeait à ramper sur une vingtaine de mètres.

Alors seulement ils pouvaient se relever et marcher debout dans le reste de la grotte.

103. Cheval, également blessé, situé devant le 64.© Jesús Altuna
103. Cheval, également blessé, situé devant le 64.© Jesús Altuna

A Ekain la première figure, une grande tête de cheval, se trouve à environ 50 mètres de l’entrée et les dernières figures à plus de 150 mètres.

Commençons par cette grande tête. Elle se trouve sur le plafond d’une voûte, en un point où débouche, de la galerie principale, une autre galerie latérale. Elle paraît annoncer que la cavité est la grotte du Cheval par excellence.

104. Cheval peint en détail. Il porte un javelot planté dans la partie antérieure du tronc, ŕ la hauteur du coeur et un autre dans la partie postérieure-inférieure.© Jesús Altuna
104. Cheval peint en détail. Il porte un javelot planté dans la partie antérieure du tronc, ŕ la hauteur du coeur et un autre dans la partie postérieure-inférieure.© Jesús Altuna

Un peu plus loin, à Erdialde ou zone centrale de la grotte, où celle-ci est plus spacieuse, il y a une grande roche naturelle qui rappelle beaucoup la tête d’un cheval. L’artiste paléolithique, qui reconnut sur nombre de bords rocheux, de fissures et proéminences de la paroi, où nous ne voyons rien, des animaux que plus tard il compléta, dut nécessairement voir cette tête naturelle. On y reconnaît les oreilles, l’oeil, la bouche et l’orifice nasal. Celui-ci paraît sculpté artificiellement, bien qu’on ne puisse l’assurer avec une entière certitude. En tout cas, sous cette roche, l’artiste d’Ekain peignit d’un côté une petite tête de cheval et de l’autre, un bison, complément du cheval dans l’art paléolithique.

Peut-être cette roche naturelle fut-elle le ressort qui détermina les décorateurs de la caverne à dédier cette grotte au Cheval. La première figure, cette grande tête de cheval mentionnée, qui est aussi la plus grande de toute la grotte, semble corroborer nos dires.

Dans la petite galerie latérale qui part de cette tête peinte, on trouve entre autres figures, un saumon.

105. Bison noir.© Jesús Altuna
105. Bison noir.© Jesús Altuna
106. Bison peint en rouge au moyen d'oxydes naturels de fer (limonite). On observera la queue relevée. La figure s'interrompt sur ses pattes arričre, pour ne pas occulter la croupe du cheval rouge situé derričre lui et en dessous.
106. Bison peint en rouge au moyen d'oxydes naturels de fer (limonite). On observera la queue relevée. La figure s'interrompt sur ses pattes arričre, pour ne pas occulter la croupe du cheval rouge situé derričre lui et en dessous.


Pour sa réalisation, il a été utilisé un rebord rocheux, qui fait office de moitié antérieure du dos et l’un des si nombreux petits orifices de la roche, qui sert d’oeil.

L’artiste compléta la figure, à la peinture noire, avec le reste de la silhouette, la bouche, la ligne des ouïes, les nageoires et la ligne latérale, cette ligne d’écailles spéciales que les poissons portent sur les flancs.

107. Cheval sauvage actuel (cheval de Przewalski).© Jesús Altuna
107. Cheval sauvage actuel (cheval de Przewalski).© Jesús Altuna

Au fond de cette galerie, il y a un trou d’hibernation de l’ours des cavernes et les saillants rocheux sont usés, comme nous l’avons dit, par le frottement causé par des centaines d’ours qui pénétrèrent à tâtons dans ce lieu.

Pour en revenir à Erdialde et au point d’accès aux grands ensembles de chevaux, des deux côtés de la galerie, il a été dessiné deux bisons. Sur celui situé à droite, de là où nous accédons, on a exploité une bordure rocheuse et une fissure, qui éclairées du bas, rappellent un dos de bison et sa queue.

L’artiste a complété la figure en peignant en noir la tête avec les cornes et la barbe, la toison qui pend du cou, la ligne ventrale et les pattes.

108. Cheval peint en noir et rouge. Son train avant est le plus bel exemplaire de tout le panneau.© Jesús Altuna
108. Cheval peint en noir et rouge. Son train avant est le plus bel exemplaire de tout le panneau.© Jesús Altuna

Il s’agit à nouveau de ce nous appelons en art moderne un exemple de trouvisme, c’est-à-dire, une utilisation de formes naturelles qui suggèrent, dans notre cas, des formes animales et que l’artiste modèle et adapte à cette forme animale, comme nous l’avons également vu à Altxerri. En face du bison que nous venons de décrire, il en existe un autre, lui aussi peint de noir, auquel il manque la ligne dorsale. Une fissure dans la roche à hauteur de la croupe peut indiquer l’amorce postérieure de la bosse. En revanche, on trouve bien représentées et en détail, la queue de l’animal, la ligne ventrale et les pattes. La tête est aujourd’hui plus faiblement représentée que le reste, mais on y distingue bien les cornes d’un côté et la barbe de l’autre.

109. Cheval peint en noir et rouge. On observera les hachures courtes qui montrent le poil long du ventre. La ligne en M du flanc et les lignes zébrées des pattes sont identiques ŕ celles que présente le cheval asiatique sauvage actuel.© Jesús Altuna
109. Cheval peint en noir et rouge. On observera les hachures courtes qui montrent le poil long du ventre. La ligne en M du flanc et les lignes zébrées des pattes sont identiques ŕ celles que présente le cheval asiatique sauvage actuel.© Jesús Altuna

Les pattes sont spécialement soignées et l’on a bien indiqué la perspective de celles d’un côté et de celles de l’autre côté, recoupant ou non la ligne postérieure du ventre.

Les deux bisons décrits font place aux groupes de chevaux. C’est la galerie Zaldei. Sur le côté gauche de celle-ci, on a un ensemble de 8 chevaux et sur le côté droit 11 de plus. Parmi ceux du côté gauche on en remarque un grand, peint avec de nombreux détails. Il est dessiné à la peinture noire et en partie en teinte plate, qui remplit certaines parties du corps.

La crinière est hérissée, comme chez le cheval de Przewalski, seul cheval sauvage qui survive de nos jours et montre sur sa livrée ou sa robe des caractères que nous distinguons sur les figures d’Ekain. La crinière hérissée que nous avons citée, les artistes la réalisaient parfois par une ligne continue allant des oreilles au garrot et d’autres, par des lignes courtes verticales, comme on en voit sur le cheval situé sous celui que nous décrivons ici.

110. Autres chevaux peints sur le panneau.© Jesús Altuna
110. Autres chevaux peints sur le panneau.© Jesús Altuna

Un autre caractère que l’on retrouve dans le cheval sauvage actuel est la coloration sombre de l’encolure et des extrémités des pattes. Il en va de même de la ligne en M qui parcourt le flanc de nombreux chevaux d’Ekain. Face à cet ensemble de chevaux se trouve le grand panneau d’Ekain, ce grand panneau qui fut dénommé par la plus haute autorité du moment en matière d’art rupestre (Leroi-Gourhan), comme "le plus beau panneau de tout l’art franco-cantabrique".

Il semble d’une facture unitaire, entre autres, par le soin apporté à veiller à ne pas superposer les figures les unes sur les autres. A la différence de ce qui se passe pour nombre d’autres panneaux d’art paléolithique, en particulier à Altxerri.

111. Lieu oů se trouvent les ours.© Jesús Altuna
111. Lieu oů se trouvent les ours.© Jesús Altuna

Après une biche située sur sa gauche, le panneau commence avec trois bisons, l’un d’eux coloré en rouge. Suivent 11 chevaux, un pisciforme et une ligne courbe rouge, ce qui paraît indiquer que l’ensemble prend fin, ou que la ligne se raccorde à une autre que nous verrons plus loin. Dans la partie supérieure droite du panneau apparaît un bison peint en rouge, queue relevée. Les pattes arrière ont été laissées inachevées, pour ne pas les superposer sur la croupe du cheval rouge qui est derrière et en dessous de lui. La couleur provient de la limonite, un minerai naturel d’oxyde de fer.

112. Les deux ours photographiés du sol.© Jesús Altuna
112. Les deux ours photographiés du sol.© Jesús Altuna

Derrière lui, on a un autre bison en noir et en dessous un magnifique cheval en noir et rouge, accompagné de gravure. Nous nous trouvons à nouveau confrontés ici à la série de détails que nous avons vus sur d’autres chevaux et sur le cheval sauvage :

crinière hérissée, faite cette fois d’une ligne continue, de bandes zébroïdes sur le cou, d’une ligne en M sur le flanc etc… On notera la manière dont a été transposée la ligne du ventre poilu, par de petites hachures verticales, cas unique dans la cavité d’Ekain.

113. Ours brun actuel.© Xabi Otero - Ińaki Zorrakin
113. Ours brun actuel.© Xabi Otero - Ińaki Zorrakin

Ainsi pourrions-nous décrire un à un tous les chevaux. Mais nous nous cantonnerons à deux de plus. L’un situé au centre et dans la zone inférieure et l’autre dans la zone basse du côté gauche.

Le rouge possède le train avant le plus beau des chevaux de la grotte. La tête en est merveilleusement tracée. Elle s’inscrit en silhouette à la peinture noire. On a bien représenté le museau par une inflexion, après lequel a été pratiqué un petit trait courbe pour indiquer le rebord nasal. La bouche est représentée par une ligne. La crinière hérissée est représentée par de courtes hachures verticales. En partent plusieurs lignes zébroïdes qui parcourent le cou.

Les antérieurs sont magnifiquement détaillés : les genoux, les fanons et les sabots. Ils montrent également des lignes zébroïdes transversales sur l’avant-bras, comme on en voit aussi parfois chez le cheval sauvage.

Devant ce cheval on en a un autre de petite taille, dans une attitude inclinée, qui est toute de simplicité. On observera simplement la parcimonie des moyens avec laquelle ont été peintes ses extrémités antérieures. Par rapport aux détails du précédent, on a recouru ici à la stabilisation de pattes qui se terminent en pointe, mais auxquelles on a appliqué sur les genoux une simple inflexion, qui leur procure une grande beauté.

114. Cheval qui initie le panneau le plus profond de la cavité.
114. Cheval qui initie le panneau le plus profond de la cavité.

Toutes les figures du panneau se respectent entre elles sans se superposer. Mais ultérieurement, de manière aujourd’hui très peu visible, il a été superposé un bison gravé sur certains des chevaux centraux du panneau.

Face à ce grand panneau, il y a une salle chargée de cascades stalagmitiques, de colonnes, de plis de concrétion et quelques figures.

En avançant dans la galerie, on atteint une sorte de petite place (Artzei), elle aussi truffée de formations de stalactites et de stalagmites, sur l’un des plafonds de laquelle se trouve représenté deux ours. On doit se pencher pour les voir. Tous deux consistent en de simples silhouettes peintes en noir par un trait large.

115. Les deux derniers chevaux du grand panel.© Jesús Altuna
115. Les deux derniers chevaux du grand panel.© Jesús Altuna

La peinture semble avoir quelque peu coulé, débordant les lignes d’origine.

Le petit ours est complet. Au gros, il manque la tête. Sa queue en revanche est mieux marquée. A la hauteur du coeur, il porte une tache de peinture. Le pelage dense et abondant de ces animaux ne permet pas de tracer les détails anatomiques que nous avons vus sur les animaux à poils ras tels que les chevaux. Mais leur silhouette, la grosseur de leurs pattes, la queue courte, le développement de la région lombaire etc.. ne permettent aucune sorte de confusion.

On peut même s’avancer dans la détermination spécifique et exclure l’ours des cavernes. Ce dernier, en effet, avait la région du garrot très développée en guise de bosse et, en revanche, la zone lombaire tombante.

116. Cheval peint qui porte une flčche gravée, qui vise le coeur© Jesús Altuna
116. Cheval peint qui porte une flčche gravée, qui vise le coeur© Jesús Altuna

La peinture que portent les ours est différente de celle des figures restantes. Pour le reste des figures, il a été employé des tisons de charbon de bois pris du foyer situé à l’entrée de la caverne. Pour les ours, en revanche, il a été utilisé un minerai d’oxyde de manganèse, dont il y a précisément une veine importante dans le mur de la cavité, peu avant d’arriver à Artzei. En avançant dans la grotte par une zone d’accès plus difficile, nous arrivons à Azkenzaldei, où se trouvent les derniers chevaux, qui constituent un groupe de 7 animaux. Tous sans exception regardent en direction de l’extérieur de la caverne, c’est-à-dire, vers la zone où se trouvent les ours.

Le premier cheval est précédé d’une ligne courbe, qui paraît indiquer le commencement des figures, ou mettre ce point en relation avec le dernier du grand panneau, à la fin duquel nous avons vu une ligne analogue. Ce premier cheval est une silhouette en noir avec quelque peu de teinte plate dans la zone centrale du dos. L’oeil n’a pas été représenté et les pattes ne sont pas achevées. Comme nombre de chevaux de la grotte, il montre la partie postérieure du tronc hypertrophiée, avec la croupe décalée en arrière et le fessier exagéré.

A gauche de ce cheval, sous une large voûte, se trouvent les six autres. L’un d’eux attire le regard par sa facture et par une gravure qu’il possède. Il s’agit d’une figure tracée d’une ligne noire. Cette figure ferme toute la silhouette de l’animal et reproduit de plus certains détails. La crinière est très bien marquée par une ligne continue. Elle avance entre les oreilles en guise de toupet. L’encolure porte quatre bandes zébroïdes. La ligne en M du flanc est également claire. A l’intérieur et autour du cheval, on remarque plusieurs lignes gravées. L’une d’elles attire le regard, en forme de flèche, qui vise le coeur de l’animal.

A partir de cette zone, la grotte devient impraticable.

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