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Zegama

45. Pots à saindoux réalisés par Francisco Arregi, Zegama.© Xabi Otero
45. Pots à saindoux réalisés par Francisco Arregi, Zegama.© Xabi Otero

Par Zegama passait l'un des chemins royaux que comptait la région pour rejoindre l'Alava, en empruntant le fameux tunnel de San Adrián.

Le détail a son importance. A une époque où les moyens modernes de communication n'existaient pas, se trouver en bordure du grand chemin, c'était en quelque sorte être de son temps.



46. Atelier de poterie Intxausti.©
46. Atelier de poterie Intxausti.

Ce vieux chemin à bien des égards fut un facteur décisif de la vie économique, sociale et culturelle de Zegama. Il commença à décliner vers 1780, devant la plus grande facilité, commodité et sécurité offerte par celui de Leintz Galtzaga.

Un autre fait qui marqua l'évolution à Zegama fut la construction du chemin de fer Irun-Altsasu, dont les ouvrages furent initiés simultanément à Tolosa et Saint-Sébastien, le 22 juin 1858, pour s'achever 1864. Le chantier vit affluer des travailleurs d'autres régions d'Espagne, mais également d'Italie, de France, de Belgique, d'Allemagne, etc. C'est précisément de cette époque que nous avons des nouvelles de nos potiers, tout comme de nombreuses autres corporations : tisserands, fabricants d'espadrilles, forgerons, cordonniers, tailleurs, ferronniers, chocolatiers, confiseurs, etc.

47. Poinçon servant à faire des trous, à décorer, etc.© Jose López
47. Poinçon servant à faire des trous, à décorer, etc.© Jose López

Grâce à l'information que nous a donnée Gregorio Aramendi Arregi, dernier potier de Zegama, et Martín Azurmendi, fils de potier, nous savons que l'une des poteries connues dans cette localité occupait le site où se lève aujourd'hui le Cercle traditionaliste. Plus précisément, me confia Martín, la poterie fut détruite pour permettre la construction du Cercle en 1932.

48. Signature apposée sur ses pièces par l'atelier de poterie de Francisco Arregi. Zegama.© Xabi Otero
48. Signature apposée sur ses pièces par l'atelier de poterie de Francisco Arregi. Zegama.© Xabi Otero

En cet endroit, à en croire Martín, se trouvait l'atelier de la famille Azurmendi, jusqu'à son déménagement dans la maison "Mazkearan Etxeberri" où se trouvent actuellement les écoles.

Une autre poterie occupait la belle maison appelée "Aitamarren Zarra". C'est là que vécut et officia le potier Julián Braulio Arrizabalaga Arizgoiti jusqu'à sa mort en 1900, à l'âge de soixante-six ans. Il semblerait qu'aucun de ses descendants ne reprit le métier à sa disparition.

Dans cette même poterie vécut plus tard la famille Azurmendi. Le premier membre de cette famille dont nous ayons le témoignage comme potier est Ascensio Azurmendi y Gorospe, qui est né en 1812. Ascensio épousa Francisca Erostarbe y Ugarte. Son fils Silvestre lui succéda. L'un de ses frères, Emeterio, se fit fabricant d'espadrilles. Silvestre mourut plutôt jeune, à l'âge de quarante-sept ans en 1884. Il était marié à Ignacia Aldasoro. Ascensio mourut un an plus tard, selon ce que me confia Martín, son arrière petit-fils, des suites d'une terrible correction que lui infligea en face de l'église de Zegama le guerrillero Cura Santa Cruz, qui le laissa en piteux état, tout voûté.

La succession de Silvestre fut assurée par ses fils, Santiago et José Agapito Azurmendi Aldasoro. Ceux-ci continuèrent le métier à "Mazkearan Etxeberri"jusqu'à la fin du XIXe siècle, quand la maison prit feu. L'un et l'autre passèrent alors à la poterie de "Intxausti Zarra", de Francisco Arregi, qui leur proposa cette solution. Ce même Francisco Arregi fut l'un des premiers socialistes du Gipuzkoa, cependant que Santiago Azurmendi, qui était carliste, finit par devenir président du Cercle traditionaliste. Le caractère opposé des idéologies ne fut pas obstacle, me dit Martín, à une profonde amitié entre les deux hommes.

Plus tard, Santiago abandonna le métier et partit offrir ses bras à la Electra Aizkorri de Zegama. José Agapito loua alors au fils du potier Julián Arrizabalaga l'atelier "Aitamarren Zarra", où il travailla jusqu'en 1932. Cette année-là, il loua à son tour la demeure à Agapito Oiarbide, berger à Oltza. C'est ce que nous confie ce dernier qui nous raconte que José Agapito déménagea rue Santa Bárbara, où il exerça comme barbier. Il fut également juge de paix et mourut en 1954.

La troisième poterie est celle que monta José Luis Arregi Larrea, sur la rive de l'Oria, à l'écart du bourg. Il construisit maison, atelier, four, etc., à côté de la maison "Intxausti Zarra". Né à la ferme Lartxaun, de Zegama, José Luis Arregui mourut à l'âge de soixante-treize ans en 1899. Sa femme était Manuela Landa, originaire d'Irun.

50. Gregorio Aramendi, dernier potier de Zegama, devant le puits batteur d'argiles.© Enrike Ibabe
50. Gregorio Aramendi, dernier potier de Zegama, devant le puits batteur d'argiles.© Enrike Ibabe

Avec José Luis Arregi travaillaient ses enfants, José Joaquín, qui mourut à 19 ans, en 1887, et Francisco José, qui prit la succession.

Francisco José Arregi fut un homme entreprenant. Il agrandit "Intxausti Berria", comme on appelait la maison construite par son père, pour monter de vastes séchoirs destinés non seulement aux produits de la poterie, mais également à ceux d'une tuilerie. Il monta également, non loin de l'atelier, un moulin hydraulique pour moudre les glaçures et battre les argiles, en exploitant les eaux de l'Oria. Il acheta Intxausti Zarra pour six mille pesetas et la rénova de fond en comble pour une somme comparable. Il mourut à l'âge de soixante-douze ans en 1929. Son fils, Francisco Manuel Arregi Guridi, lui succéda. Plusieurs personnes travaillaient avec ce dernier, dont José Lorenzo Aramendi Arza, originaire d´ Itsasondo. Marié à une soeur du premier, Micaela Josefa Arregi, Jose Lorenzo Aramendi fut le père du dernier potier de Zegama, Gregorio Aramendi, de qui nous avons parlé plus haut.

51. Dessin qui montre que la roue hydraulique, mue par les eaux de l'Oria, broie des vernis grâce à l'incorporation de la platine métallique C et bat des argiles par l'insertion de l'axe E.© Enrike Ibabe
51. Dessin qui montre que la roue hydraulique, mue par les eaux de l'Oria, broie des vernis grâce à l'incorporation de la platine métallique C et bat des argiles par l'insertion de l'axe E.© Enrike Ibabe

Par lui, nous savons que travaillèrent également comme potiers à Intxausti : Vitoriano Escudero, qui était natif d'Arrabal del Portillo, important village potier de la province de Valladolid; Ponciano Ermingain Onaberri, plus connu sous le nom de "Ponciano Tolosa", qui fut potier jusqu'à sa mort en 1944 à quarante-deux ans; Martín Catalina Olmedo, originaire, de même que Vitoriano, d'Arrabal del Portillo.

Martiniano de La Calle, également originaire de ce village, travailla quelque temps à Intxausti.

Au milieu du XIXe, il y eut à Zegama un potier de Miranda de Ebro, Juan González. Ce dernier travailla selon toute vraisemblance à "Aitamarren Zarra", car nous découvrons que Braulio Arrizabalaga fut le parrain d'une fille à lui.

A "Intxausti", on utilisait deux types d'argile : l'argile "forte " (bustin gogorra), que sa couleur faisait également appeler "blanche" (bustin zuria), et l'argile rouge (bustin gorria). La terre rouge était extraite de terrains propriété de la poterie, qui se trouvent sur le mont Murgisarri, ainsi que d'un terrain communal, à "Errinea". Auparavant, on la rapportait aussi d' "Altzibar", d'un terrain situé près d'une ancienne tuilerie. La terre blanche ou dure était extraite d'un terrain, face à la maison, appelé "Santa Agueda Aldea", laquelle était également propriété des Arregi. L'argile pour fabriquer des briques réfractaires, venait d'une propriété particulière, dans le Barrio Alto, à Zupitxueta.

49. Atelier de poterie Aitamaren Zarra.© Enrike Ibabe
49. Atelier de poterie Aitamaren Zarra.© Enrike Ibabe

A l'époque du grand-père de Gregorio Aramendi, d'ici, de Zupitxueta, on apporta une quantité d'argile assez importante pour faire des tuiles et des briques.

La poterie "Aitamarren Zarra", qui appartenait concrètement à Agapito Azurmendi, extrayait la terre de Murgisarri et du hameau d'Arakamas. Les argiles destinées à la brique réfractaire étaient extraites du même site que Intxausti, de Zupitxueta.

L'argile ou bonne argile se trouvait à environ 15 centimètres sous la surface du sol. Pour l'extraction de l'argile blanche ou dure, cette caractéristique obligeait à utiliser des pioches. Pour l'extraction de la terre rouge, des houes.

On extrayait habituellement deux fois l'an, au printemps et à l'automne normalement, hors besoins exceptionnels qui pouvaient se présenter à un moment particulier. Le système utilisé à Zegama pour préparer l'argile est celui des passoires ("coladores"). Ces passoires à Zegama consistaient en trois puits creusés à même la terre sur les bords de l'Oria. Le premier était utilisé pour battre les terres avec de l'eau. On se servait pour cela d'estèques. Chaque opération se composait de cinq paniers de terre rouge, de trois paniers de terre blanche et de 20 seaux d'eau. Lorsque le mélange atteignait une consistance qui était comme celle du "chocolat fait", on l'envoyait dans le second puits à travers un bief dans lequel était disposé un sas ("galbaia"), afin d'empêcher le passage de bâtons, de cailloux, de grumeaux de terre non battus, etc. Celui-ci plein, on faisait passer la terre dans le troisième puits. Ces puits que leur fonction nous fait appeler décanteurs, Gregorio pour sa part les appelait "sécheurs". Ils avaient pour particularité d'avoir les murs latéraux couverts de dalles de pierre et d'être largement plus grands que le puits batteur. Le sol était de terre battue. Et, pour éviter que les argiles ne collent, on les saupoudrait au préalable de cendre. L'argile séjournait habituellement dans ces puits environ deux mois. Par décantation il se formait une couche d'environ 60 cm. A mesure qu'elle remontait à la surface, l'eau sortait par les interstices des dalles. Quand on allait effectuer le transport à l'atelier, on coupait cette masse en blocs à l'aide d'une faucille. De tels morceaux, lorsqu'ils ne se détachaient pas en plusieurs couches correspondant aux divers battages et, par conséquent, à différent degré d'humidité, arrivaient à peser 40 kg. L'entreposage dans un lieu humide de l'atelier consistait à empiler des morceaux les uns sur les autres, comme si l'on construisait un mur.

52. Pinceau fait à partir de soies de barbes de chèvre.© Jose López
52. Pinceau fait à partir de soies de barbes de chèvre.© Jose López

L'opération suivante consistait à étendre la terre sur le sol, en quantité suffisante de façon à pouvoir travailler trois jours sur le tour. Il se formait une couche d'environ 15 cm d'épaisseur. La terre ainsi étendue, on l'aspergeait d'un peu d'eau, en la laissant ensuite reposer un certain temps. Puis, placée sur une table en bois ("table à malaxer"), on la battait vigoureusement au moyen d'une barre de fer. Cette opération remplaçait l'opération consistant à fouler la terre au pied, méthode habituelle en d'autres temps. Après avoir battu la terre, on la "malaxait" encore, on la pétrissait, comme s'il s'agissait d'une pâte à pain. Jusqu'à ce qu'elle soit prête et présente l'élasticité appropriée pour passer sur le tour. Découpée en mottes ("pellas"), selon les récipients à réaliser, on procédait au tournage.

Nous devons préciser que la masse étendue sur le sol était toujours de même quantité, puisque l'on remplaçait d'un côté celle qui passait de l'autre, sur la table à malaxer.

Pour en revenir à la question du puits batteur, nous dirons que celui que nous avons connu était le puits que monta le grand-père de Gregorio, quand il construisit le moulin à eau pour moudre des vernis. Il mesurait 120 cm de diamètre sur 85 cm de fond. On y déversait les argiles et l'eau dans les quantités mentionnées. On les battait au moyen de trois pales métalliques fixées à un axe, qui tournait sous l'effet de la force procurée à travers divers engrenages par la roue hydraulique ("turtukoia"), sur laquelle tombait avec force l'eau de l'Oria. Ces pales mesuraient 79 cm pour la supérieure et 86 cm, les deux suivantes. Leur largeur était de 9 cm. La première ou supérieure se trouvait pratiquement au niveau du bord du puits, la suivante 11,5 cm plus bas et la troisième à 16 cm de la précédente et à 31 cm du sol du puits. Le temps qu'on mettait pour battre une charge comme celle que nous venons de mentionner était d'environ quinze minutes. Et le potier savait à tout moment dans quel état de trouvait la terre par la vitesse à laquelle les pales tournaient.

Les terres étant battues, on les évacuait vers les puits décanteurs, qui continuèrent d'être les anciens puits décrits plus haut, à travers un trou ("tobera"), lequel se trouvait quelques centimètres au-dessus du niveau du sol, afin que les matières les plus lourdes que pouvait contenir la terre demeurassent au fond. Ce système ne remplaça cependant pas celui du sas que l'on continua à utiliser.

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