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domingo 20 septiembre 2020




Bertan > Los colgantes Magdalenienses de la cueva de Praileaitz I (Deba) > Versión en Francés: La grotte de Praileaitz I (Deba)
La grotte de Praileaitz I (Deba).

Il y a quinze mille ans, le continent européen connaît les rigueurs de la dernière glaciation. Dans la basse vallée du Deba, des groupes de CroMagnon habitent de nombreuses cavités percées dans les contreforts calcaires, profitant de la faible altitude de ces sites et de leur relative douceur climatique.

Les bouquetins colonisent alors les nombreux amas rocheux de la région. Cerfs et rennes paissent en contrebas et les lagopèdes fréquentent les lieux; au fond de l’étroite vallée, la rivière serpente entre les aulnes et autres espèces de bord de l’eau en direction de la côte, alors éloignée de plusieurs kilomètres.

Les basses températures ne permettent pas une végétation dense. Quelques espèces de conifères, principalement pins et genévriers, et de rares espèces caducifoliées (chênes, bouleaux et saules), trouvent cependant refuge dans les endroits les plus abrités.

Dans ce contexte, différents groupes humains vivent dans les grottes de la vallée. Des cavités que nous connaissons aujourd’hui sous les noms d’Urtiaga, Ermittia, Langatxo, Iruroin ou Praileaitz. D’autres, un peu plus éloignées, comme la grotte d’Ekain, dans la vallée contiguë de l’Urola.
Ces lieux connurent de longues périodes de fréquentation humaine. Mais on aurait tort de penser que ces hommes vivaient uniquement dans des grottes et des abris. A peu près à la même époque, ils s’établissent également dans des cabanes en plein air, protégés par des couverts de branches et de peaux, à la chaleur de petits feux. Se réunissant autour du foyer, ils échangent des expériences individuelles et collectives. Ils transmettent des croyances sur différents phénomènes de la nature ou revivent des évènements survenus à l’occasion de leurs campagnes de chasse.

51. Méandres du Deba. 52. Saumons. 53. Cerf. 54. Entrée de La grotte de Praileaitz I (Deba).
Chacun de ces établissements humains remplit probablement une fonction complémentaire : ha-bitats plus ou moins stables à certaines périodes, ils doivent être occupés à d’autres moments pour des séjours plus brefs voire ponctuels dans l’idée d’exploiter différentes ressources. Etablissements voués à la chasse spécialisée ou à la cueillette de végétaux (fruits, tubercules, feuilles...), ils deviennent des lieux appropriés, à d’autres moments, pour la pêche ou le ramassage de mollusques; mais également pour se fournir en matière première ou confectionner des instruments. Les êtres humains exerçaient diverses activités. Fabrication d’outils, repas lors desquels ils mangeaient une partie de prises. Et au coucher du soleil, on les imagine recherchant la chaleur auprès des braises du foyer. Mais entre tous ces endroits de lumière qui, dans les nuits froides du Magdalénien, devaient constituer d’excellents repères visuels de n’importe quel point de la vallée, l’un retient notre attention, par ses caractéristiques. Ses éclats découpent dans le calcaire de couleur claire une entrée aux formes sinueuses et suggestives. Une ouverture qui nous fait penser à l’organe sexuel de la femme.

La grotte de Praileaitz I s’ouvre sur un versant prononcé de la rive droite du Deba, à cinquante mètres audessus de celuici. On la dirait suspendue audessus des méandres languides de la rivière, avec son entrée de forme triangulaire, orientée vers le nordouest, qui présente une hauteur maximum de six mètres et une largeur de deux mètres cinquante dans sa partie inférieure.

55. Formations du vestibule de Praileaitz I. 56. Entrée et vestibule de la grotte. 57. Plan de la grotte de Praileaitz I. © Xabi Otero
Mais pénétrons plus avant. Un vestibule de quelque trente quatre mètres carrés, d’un peu plus de dix mètres de haut et de forme conique, s’offre à nous. Eclairé par la lumière extérieure, il présente des reliefs sinueux tracés par le ruissellement de l’eau sur les parois et les plafonds au cours des millénaires.

Derrière s’ouvre un étroit diverticule d’à peine un mètre de haut en direction du sud, à travers lequel nous pénétrons dans l’obscurité de la montagne pour gagner une accueillante salle circulaire aux douces parois, d’environ sept mètres de diamètre, surmontée d’un plafond en forme de voûte qui ne dépasse pas deux mètres dans sa partie centrale.

Dans la tranquillité qu’offre la pénombre, les pieds appuyés sur l’argile jaune et propre, on peut apprécier la grande luminosité de l’extérieur qui se découpe dans la silhouette de l’entrée et crée des reliefs capricieux sur les parois du vestibule.

Plus à l’intérieur, une autre salle, elle aussi de forme circulaire, se perd dans l’obscurité, actuellement scellée par un puissant plancher stalagmitique. Derrière elle, d’étroites galeries se faufilent dans la montagne.

Dans cet espace, tandis que des groupes de chas seurs cueilleurs occupaient les grottes voisines, taillant la pierre, travaillant l’os ou se nourrissant de viande de bouquetin ou de cerf, de fruits ou de racines, s’installa probablement un personnage très particulier. Il prit soin d’aménager le sol du vestibule à l’aide de petites pierres calcaire parfaitement ajustées, construisit un foyer dont il creusa la base dans la couche d’argile, et à côté, plaça un grand bloc à la surface concave servant de siège, calé sur une autre pierre de très grandes dimensions. A portée de la main, il avait son gar de manger pour la viande. Quelques os, une fois débarrassés de leur viande, furent jetés au feu.

Sur le sol empierré qui rendait le séjour plus confortable, à peine une poignée d’outils et d’éclats de silex, ainsi que quelques os. Rien à voir avec l’accumulation d’ustensiles, de restes du travail de débitage et d’esquilles des cavités avoisinantes d’Ermittia ou d’Urtiaga.

Près de l’accès à la galerie qui conduit aux salles intérieures, des crayons portant des stries d’u-tilisation diverses ont été laissés sur les petites pierres du sol.

Et au milieu de cette inusuelle rareté de matériaux et de vestiges, on remarque plusieurs groupes de pendeloques, distribués aussi bien dans le vestibule que dans un espace exigu situé derrière le siège et non loin de la galerie qui donne accès aux parties les plus obscures et les plus secrètes. Dans la salle intérieure, tout est encore plus exceptionnel. Presque magique.

C’est comme si l’espace circulaire avait été balayé, éliminant os et ustensiles. Comme si tout ce qui n’est l’argile du sol et quelques pierres avait disparu.

58. Vue générale de la salle intérieure dans laquelle on a mis au jour deux des colliers ainsi que plusieurs pièces brisées. Au premier plan, la voûte du tunnel qui donne accès à la salle. 59. Collier de Praileaitz I. 60.Une à une, les quatorze pièces du collier apparaissent. © Jesús Alonso
Au centre de cet espace, une vingtaine de remarquables pendeloques de pierre noire, la plupart décorées, forment plusieurs colliers. En particulier, un collier de quatorze pièces placées de manière ordonnée, à égale distance les unes des autres.

Au total, vingt trois pendeloques groupées en cinq ensembles. Sans compter six autres, brisées par leur zone de perforation et localisés, pour trois d'entre elles, sur l'un des côtés de la salle intérieure.

Hormis trois incisives décorées de bouquetin, l'une présentant des taches d'ocre rouge, toutes les autres pièces sont de pierre de couleur noire. Beaucoup de forme allongée. Probablement furentelles récoltées de manière sélective dans les eaux toutes proches du Deba. Pas forcément peutêtre pour des motifs esthétiques mais au nom d'un symbolisme que devait revêtir certains de leurs volumes et de leurs contours.

La douceur texture du galet, ainsi que son aspect brillant, que lui procure l'humidification ou l'en trée en contact avec la transpiration de la peau, purent être également la cause de leur choix.

La personne qui les ramassa en décora la plupart. Sur plusieurs faces et sur les bords, cette personne entreprit de graver des incisions transversales de manière insistante. Toutefois, à mesure qu'on les retire lentement de l'argile, on apprécie sur chacun des rythmes différents, des groupes de traits, des espaces vides. Leur signification ou leur fonction nous échappent. Furent ils simplement décoratifs? Eurent ils, au contraire, une valeur ostentatoire ou hiérarchique? Serait ce les seuls témoignages conservés d'une activité rituelle?

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