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jueves 21 septiembre 2017



Bertan 11

Fief, lignage et Tour

Cadre rural

Dans le cadre rural , la Tour est un lieu d'établissement, qui donne une solidité matérielle et avalise la stabilité et le prestige d'un lignage. Dans un premier temps, les Tours naissent comme une réponse aux besoins de logement et d'organisation du lignage propre et elles donnent forme au Fief précédent. De la même manière que le Fief donne nom d'origine au lignage qui I'habite: le Fief de Murua a peuplé Lazkao.

Tour d'Antxieta (Urrestilla)
Tour d'Antxieta (Urrestilla) © José Luis Galiana

La configuration de la Tour, telle qu'elle nous est parvenue et elle qu'elle se manifeste dans les nombreux exemplaires conservés, est la fin d'un processus dans lequel interviennent différents facteurs:

a. le Fief: à la base de I'organisation sociale du Gipuzkoa, le substrat primordial est le Fief. Concepte pluriforme, qui rassemble des éléments de nature très diverse.

Le Fief est pré-existant. Qu'est ce que cela veut dire? Sans entrer dans des discussions scientifiques de grande calaison qui ne sont pas là notre cas, nous pouvons affirmer que I'organisation sociale du type lignée sur laquelle s'organise le Gipuzkoa dans le haut Moyen Age a déjà cristallisé au début du XIVème siécle une structure de lignage de type pyramidal qui est dominée à son sommet par une série de chefs du lignage ou "Suzerains" qui se caractérisent dans I'exercice de la propriété indivise du Fief d'où procède le lignage et qui lui donne son nom. Ainsi, Rui Pérez de Ganboa est seigneur du Fief d'Olaso durante le premier tiers du XIVème siècle, tout comme ses contemporains Lope García de Murua et Martín López de Murua le sont du Fief de Lazkao et de celui d'Amezketa respectivement.

Le Fief a une entité propre aussi bien géographique que juridique et dans son "emplacement" est construit la demeure principale du chef du lignage qui est le maître et Seigneur du Fief. Chef de lignage, qui dans certaines occasions, utilisera la dénomination, pour nous ambiguë, il semblerait originaire de Navarre, de "Chef de lignage" pour se diférencier des autres lignages socialement inférieurs et pour se distancier de la grande masse de paysans et de petits propriétaiares possédant eux aussi un Fief mais qui à cette époque a, semblerait-il, une capacité juridique tres limitée, et qui sont soumis génériquement au Suzerain. Même au milieu du XVème siècle, des vallées comme celles de Errezil ou Bidania, " dépendent de I'opinion et de la partialité du Fief de Ganboa ", tandis que celles de Beizama ou Goiaz dépendent du Fief d'Oinaz. Des vallées ayant toutes une propriété de la terre fragmentaire, de petits propriétaires (nous ne savons pas dans quelle mesure et dans quel degré de pouvoir réel et effectit ) possesseurs de leur Fief et éloignés de milieu d'influence et de pouvoir du chef du lignage et du Fief d'Olaso, le bas Deba, même si celui-ci jouit, par concession Royale depuis la moitié du XIVème siècle, du Patronage des Eglises de Errezil et de Goiaz et, possède dans la vallée le Fief (puis la Tour) de Errekondo.

Tour de Galarza. Tracé S-E
Tour de Galarza. Tracé S-E. © Diputación Foral de Gipuzkoa. Servicio de Patrimonio Histórico Artístico.
Armoiries du Palais de Balda
Armoiries du Palais de Balda. © José Luis Galiana

I'évolution architectonique: parallèlement les seigneurs des Fiefs commencent à dénommer de façon déterminée la propre enticé du Fief. C'est à dire, ce qui n'est qu'un élément juridique, économique et social qui reçoit une dénomination qui sera "le nom de famille" ou le nom du lignage, a besoin d'un nom, pris dans le vocabulaire espagnol d'usage, qui le décrive.


Pierre tombale du tombeau de Sir R. Drury, Rougham, Suffokl (Angleterre)
Pierre tombale du tombeau de Sir R. Drury, Rougham, Suffokl (Angleterre). © Her Majesty's Stationery Office. Victoria and Albert Museum. Catalogue of Rubbings of Brasses and incised slabs. Muriel Clayton, M.A.

De cette façon, les Fiefs de chaque Lignage de Suzerain recoivent en plus une deuxième dénomination décrivant en un seul mot leur importante et leur primauté face aux autres Fiefs de la Province.

II est logique de supposer que le chef d'un lignage, en général de base large et numériquement importante -ce qui lui donne sa propre puissance sociale et économique- ait besoin d'une demeure en consonnance avec la supériorité que réclame et que lui reconnaît la société de son époque.

Ainsi au début du XIVème siècle, naissent ce que I'on appelera à cette époque, soit "Maison Forte" sois "Palais" et rarement Tour, qui sera la dénomination générique diffusée le long du XVème siècle de façon massive. Nom que nous utiliserons afin d'éviter toute prolixité.

Les lignages qui, déjà au milieu du XVème siècle ont une grande importance dans le Gipuzkoa et qui recevront la dénomination de Grandes Familles, dans la mesure où leurs chefs représentent un treillis complexe de personnes de différents status juridiques et d'emplacement divers dans le régime de parenté du lignage, ont dans la Tour leur emplacement de base. Dans cette Tour habite le Seigneur du Fief, qui est le maître naturel de la Tour et de tout ce qui I'entoure, habitent aussi cette Tour, sa femme et ses enfants légitimes, mais aussi ses autres enfants naturels et bâtards. A I'intérieur de ces Tours s'abritent les parents et les proches et ils s'y rendent tous comme s'il s'agissait d'un point de rencontre lorsque le chef de bande ou le chef du Fief " donne le nom ". Les Tours servent de cadre idéal pour établir des relations sociales plus explicites à I'intérieur du propre lignage, mais aussi de celui-ci par rapport à ses égaux et à ses inférieurs.

Outre I'organisation de I'activité agricole et d'élevage, la Tour, dans le monde rural, est le lieu d'emplacement des troupes des "seigneurs de la guerre". Troupes qui, en plus d'accomplir un objectif purement militaire serviront pour que "les coalliés (adhérents)" accompagnent leur seigneur, leur chef, lors de ses incursions et qu'au contact, entre les uns et les autres naissent des relations allant plus loin que celles purement belliqueuses pour, au cours des années, donner lieu à un treillis de relations sociales, déjà entamées au XVIème siècle, configuré autour d'interêts commerciaux et culturels tout à fait éloignés de ceux qui étaient à I'origine. Ainsi, les Acodo de Beizama, hommes d'armes de Juan Amezketa, le Seigneur de Senpere au début du XVème siècle en France et, peut être, en Grande Bretagne, évolueront pour donner un Doyen du Collège d'Espagne à Bologne en 1522 ou un Notaire Pontifical quelques années plus tard sans pour autant s'éloigner du Fief de Beizama, dans lequel ils reviennent pour se marier...

Autour de la Tour s'organise la vie du Lignage. La Tour est entourée d'autres demeures plus petites, de forges, de moulins, etc, elle configure le Fief (dans sa signification physique tout comme dans sa signification sociale), elle donne forme à son activité économique principalement d'élevage et agricole, et elle sert à administrer, sur toute I'extension qui peut être donnée à ce terme, les activités du lignage. La Tour finit par se confondre sur le plan matériel avec le Fief, de la même manière que les blasons finiront par se constituer, nous situant dans la deuxième du XVème siècle, dans le signifiant de I'identité du lignage qu'ils finiront par supplanter avec leur code d'énorme signification sémiotique.

Miniature sur un message adressé par la Ville de Prarto à Robert d'Anjou
Miniature sur un message adressé par la Ville de Prarto à Robert d'Anjou. © Ars Mundi. Splendeurs et richesses du Moyen Age. B. Holme.

Autour de la Tour cristallisera au long des XIVème et XVème siècles le status juridique des membres du lignage et les formes diverses du droit de la propriété. Et, si I'on me pousse dans mes retranchements, le long processus de fixation des normes coutumières de ce même droit se fera lui aussi. Le chef du lignage est le maître de la Tour et vice versa. Les Tours elles-mêmes, sont, à leur moment, un élément angulaire des structures juridiques, économiques et sociales du Gipuzkoa.

Au XIVème siècle, les principaux lignages habitaient déjá à I'intérieur de leur Tour et celle-ci représentit ses habitante ainsi que la puissance militaire et économique de ces derniers. Finalement, la puissance sociale. Nous comptons sur des références documentaires de cette époque et nous pourrions dater des éléments anciens ainsi que les ruines de quelques édifices de cette époque, des fondations, des formes les plus anciennes. Comme nous le verrons plus en détail, en 1422 quelques Tours, comme la Maison Forte de Azitain , siège du Fief de Unzueta, était encore en bois, et c'est pour cette raison qu'elle brûlera complètement au cours de cette année ainsi que le raconte le Chroniqueur Lope García de Salazar.

Fief de Zerain (Zerain)
Fief de Zerain (Zerain) © José Luis Galiana
Armoiries du Fief de Zerain.
Armoiries du Fief de Zerain. © Gobierno de Navarra. Libro de Armería del Reino de Navarra.

Comme je I'ai déjà dit, au cours du XIVème siècle, pratiquement tous les Fiefs dont nous possédons des références et qui ultérieurement seront occupés par des Tours de structure similaire sont appelés "Maison Forte" ou "Palais". II en advient ainsi pour les "Maisons Fortes" des Fiefs de Iraeta, d'Azitain (Unzueta à Eibar), de lartza (Beasain), d'Iraeta ou d'Antxieta (Urrestilla), et avec les "Palais" comme celui de Balda, celui de Loiola (toujours appelé "Palais" à certaines occasions au milieu du XVIème siècle) ou celui d'Amezketa. Ce dernier est peut être appelé ainsi à cause de sa proximité avec la Navarre.


Fief de Balda
Fief de Balda. © José Luis Galiana
Travail des cahmps, selon une fresque du Bas Moyen Âge italien
Travail des cahmps, selon une fresque du Bas Moyen Âge italien. © José Luis Galiana

La propriété sur le Fief d'Amezketa sera appelée "Palais" d'Amezketa à I'époque où son propriétaire était le francisé Auger Amezketa et Senpere (né vers 1370) qui, par son mariage, était également Seigneur du Fief de Lazkao tout en étant le frère du Seigneur du Fiel de Senpere et de la Tour de Leaburu: Juan Amezketa. Ces deux personnages étaient le centre d'un treillis familial bariolé et splendide de propriétaires de Tours disséminées sur tout le Gipuzkoa (Amezketa, Lazkao, Leaburu, Alegia, San Millan (Zizurkil), Altzega (Hernani), Iartza (Beasain), Ozaeta (Bergara), etc) et au Lapurdi [Vid. Schéma généalogique I].

Armoires du Fief de Balda
Armoires du Fief de Balda. © Gobierno de Navarra. Libro de Armería del Reino de Navarra.
 Détail de la fenêtre de la Tour de Ugarte (Oiartzun)
Détail de la fenêtre de la Tour de Ugarte (Oiartzun). © José Luis Galiana

Dans l'exemple précédent, Martín González de Antxieta, Chevalier et Garde du roi Henri III sera Seigneur de la Maison Forte d'Antxieta avec son moulin, son barrage, ses "calças", etc (en plus du manoir de forge à Aranas "la grande"). Il dotera de tout cela, en 1409, son fils, Lope González d'Antxieta et Osorio, à l'occasion de son mariage. Lope Otxoa de Unzueta sera doté de la même manière, le mardi 3 décembre 1402, à l'occasion de son mariage avec Doña Inés Ganboa et Abendaño Muxika, avec "le Fief et Maison Forte d'Azitain". Sans spécifier en aucun cas s'il y avait ou non, ce que nous dénommerons et que nous identifierons par la suite comme Tour. Dans les deux cas il pourrait s'agir de structures en bois dans leur plus grande partie, avec un usage encore limité de la pierre comme élément de construction.

Les conflits armés qui se déchaîneront entre lignages (qui entraînent des vallées entières à l'obéissance au chef de leur "parenté et de leur partialité", dont ils sont "ses coalliés et de sa bande"), appelées guerres des bandes d'Oinaz et de Ganboa, et qui se compliquent avec les affrontements de tous avec les villes (au cours du conflit, la ville de Arrasate sera brûlée et mise à sac en 1448, et quelques années plus tard, ils essayeront de faire de même avec la ville de Tolosa), conflits qui se développeront surtout entre 1400 et 1446 et qui prendront corps autour de l'incendie de la Tour (qui est l'expression du pouvoir du Fief et qui à la fois, est, comme nous l'avons souligné, la matérialisation plastique du lignage) des opposants. Le succès de certains lignages sur d'autres est exprimé de cette façon, en plus au moment du dénombrement des morts, d'autres sauvageries et abus de toutes sortes recueillis dans les différentes chroniques contemporaines et dans la documentation conservée.

La Tour du lignage, en tant que représentation sociale de celui-ci (une des représentation parmi d'autres auxquelles nous ferons référence plus tard, entre lesquelles il faudrait souligner l'identification avec des marques et des signes du Fief ou du lignage qui se cristalliseront dans les armoiries, sur le bouclier d'armes) accomplit et sert les objectifs du lignage. Il est simple de croire que, du fait que durant le XVème siècle, le Territoire de Gipuzkoa était secoué par un conflit social armé qui opposait des intérêts bien différents qui s'est appelé de façon générique "guerre de bandes", la signification des Tours est dans tous les cas évidente.

Amezketako, Lazkao, Iartza (Beasain), Altzega (Hernani), Alegia, Ozaeta (Bergara), Berastegi eta Laurgaingo (Aia) Orubeen arteko famili harremanen eta ezkontzazko loturen taula sinplifikatua
Amezketako, Lazkao, Iartza (Beasain), Altzega (Hernani), Alegia, Ozaeta (Bergara), Berastegi eta Laurgaingo (Aia) Orubeen arteko famili harremanen eta ezkontzazko loturen taula sinplifikatua.

Les Seigneurs de la guerre comme les Suzerains des Fiefs d'Amezketa, de Lazkao, d'Olaso, d'Atxega, de jaolaza, de San Millan ou de Gebara, au milieu du XVème siècle utilisent leur Tour dans des buts militaires, offensifs et défensifs, pendant au moins deux ou trois générations. Et là se situe la Chronique de Lope García de Salazar pour en donner foi, même s'il s'agit d'une chronique fragmentaire et qu'elle n'offre qu'une esquisse à laquelle il manque beaucoup d'histoires. Mais il n'est pas moins certain que pour d'autres Suzerains de Fiefs comme celui de Zarauz, celui de lartza ou d'Altzega, celui de Loiola, celui de Murgia, celui d'Enparan ou celui d'Iraeta, si bien ils interviennent dans des conflits isolés et qu'ils ne restent pas à l'écart de l'effrontement de leurs parents de sang, la Tour a une signification plus neutre, dans la mesure où ses propriétaires sont impliqués dans des activités liées au commerce.

Plus ou moins violents, plus ou moins ruraux ou urbains, d'un autre côté il est certain aussi qu'une série de lignages parmi lesquels il faudrait regrouper ceux à qui la tradition a donné le nom de Grandes Familles, face à d'autres moins connus et qui ne reçoivent pas ce nom de façon générique, aussi bien par des méthodes violentes que par d'autres de pression social, qui conjuguent habilement la simple pression autoritaire et la pression économique, domine le monde rural du Gipuzkoa et une partie importante de ses ressources économiques. Pour tous ces lignages, la Tour constitue un des éléments identificateurs de la propre puissance les plus appréciés et précieux.

Armoiries du Fief d'Amezketa
Armoiries du Fief d'Amezketa. © Gobierno de Navarra. Libro de Armería del Reino de Navarra.
Armoiries du Fief d'Lazkao
Armoiries du Fief d'Lazkao. © Gobierno de Navarra. Libro de Armería del Reino de Navarra.

Mais l'évolution au long de tout le XVème siècle est très rapide, et elle donnera comme résultat une situation au début du XVlème siècle bien différente de celle existante à peine 100 ans auparavant.


Armoiries du Fief d'Loiola.
Armoiries du Fief d'Huarte. © Gobierno de Navarra. Libro de Armería del Reino de Navarra.
Armoiries du Fief d'Huarte
Huarteko Orubearen armarriak. © Gobierno de Navarra. Libro de Armería del Reino de Navarra.

Tour, aujorud'hui disparue, d'Olabarria (Legazpi)
Tour, aujorud'hui disparue, d'Olabarria (Legazpi). © C. de Echegara, Monumentos civiles de Guipuzcoa, 1921.
Maison-tour d'Iturrioz, Oiartzun. Tracé Ouest
Maison-tour d'Iturrioz, Oiartzun. Tracé Ouest. © José Luis Galiana

Ceci, par la conjonction de plusieurs facteurs:

a. Les Fiefs chefs ou non d'une Bande, mais identifiés avec les luttes "factieuses" adoptent la forme de Tour, avec ses clôtures, son terme rond, sa forge, ses moulins, etc. De nombreux autres Fiefs, qui commencent à se dénommer "de fijosdalgo" (hidalgo) de façon encore générale, adoptent des formes architectoniques semblables à celles des plus importants, dans le processus logique d'émulation sociale. Nous savons encore peu de choses sur les conflits "pyramidales" entre les Chefs de Bande et de Lignage et leurs inférieurs. Mais, les zones rurales de Gipuzkoa commencent à se remplir de constructions qui ressemblent aux Tours, bien qu'elles ne le soient pas strictement. Il s'agit de la classe sociale consolidée des petits propriétaires, libérée du pouvoir du chef d'un lignage et qui possède les moyens pour construire une demeure solide, qui présente des caractéristiques architectoniques très typiques et qui, même si elle n'est pas en elle-même une "Tour", elle est appelée de cette façon. Nous conservons une grande quantité de ces constructions dans le Gipuzkoa.


Scène de travail artisanak et métallurgique au Bas Moyen Âge, d'un auteur allemand.
Scène de travail artisanak et métallurgique au Bas Moyen Âge, d'un auteur allemand. © F. Cardini, Europa, 1492.
Armoiries parties de Zegama et Gebara, cr. 1520
Armoiries parties de Zegama et Gebara, cr. 1520. © Gobierno de Navarra. Libro de Armería del Reino de Navarra.

b. De nombreux autres lignages, installés à mi chemin entre le monde rural et le monde urbain et qui, bien qu'étant séparés de ceux qui occupent le sommet social, peuvent rivaliser avec ces derniers quant aux moyens économiques et quant à leur richesse, et édifient des constructions sur le modèle de la Tour. Tel est le cas des lignages consacrés à la forge du fer, détenteurs d'un grand pouvoir au XVème siècle et qui par intérêt entreront "dans les trêves" des Lignages factieux garantissant la paix nécessaire pour faire des affaires. Et avec qui, en plus, ils se fondront grâce à l'union matrimoniale (les deux groupes chercheront la fusion au moyen, dans une première phase, de la descendance illégitime du Fief du Suzerain. Le propre Fief "peuplera" une partie de ses domaines, qui se séparera de la propriété indivise originaire, en créant des Maisons et des Tours, pour ses bâtards dans de nombreuses occasions, dans lesquelles il développera indirectement des activités commerciales) en reproduisant un des modèles sociaux le plus classique et orthodoxe de l'histoire occidentale. Rare est le Suzerain qui, au début du XVlème siècle, ne s'est pas encore uni avec un lignage de marchands, qu'ils soient forgerons ou non. Tous avec leur Tour comme principal patrimoine, bien entendu.

c. Un conflit qui opposera la province et les Grandes Familles se produit. Lors de ce conflit, les deux pouvoirs exercent une attraction centrifuge qui agglutinera les intégrants des deux factions, confondant celle qui était déjà la grande symbiose sociale qui existait entre les deux mondes et qui obligera à distinguer à l'intérieur de chaque groupe les individualités ayant des intérêts qui ne coïncident pas toujours. La Province, érigée en tant que défenseur du droit et de la collectivité, organisée comme une Confrérie de Villes et de sites, détiendra le pouvoir suffisant pour, le conflit avec les révoltés arrivé à son point le plus algide dans le Défit qui, le samedi 31 juillet 1456, plaça 18 chefs révoltés du Gipuzkoa (soutenus par quelque chef de Bizkaia et d'Araba) aux portes d'Azkoitia, ordonner de détruire, ou de "mutiler" pour être plus précis, les Tours de ces derniers, et obtenir du roi Henri IV l'exil ultérieur à la frontière de la guerre de Grenade par une sentence l'année suivante, en 1457.


Tour de Lazarraga (Oñate). Tracé Nord
Tour de Lazarraga (Oñate). Tracé Nord. © Diputación Foral de Gipuzkoa. Servicio de Patrimonio Histórico Artístico.
 Armement d'Arbalétrier, CVème siècle, selon l'interprétation du XIXème siècle
de José Passos.
Armement d'Arbalétrier, CVème siècle, selon l'interprétation du XIXème siècle de José Passos. © Tipolitografía de Luis Tasso. Armas y Armaduras. Antonio García Llansó.

En 1456, la Confrérie, à l'abri du pouvoir Royal et soutenue par le Monarque, détruira une quantité indéterminée de Tours de Fief de Suzerain ... et beaucoup d'autres représentant le pouvoir des parents, des coalliés et des proches de ces derniers. Ainsi, par exemple, différentes Tours de lignages, fondamentalement commerçants de fer, seront détruites (beaucoup d'entre elles ont en annexe leur propre forge) dans le bassin du bas Deba. Les Tours des Alzola, des Lasalde, des Iribe et autres comme, cinquante ans après au début du XVlème siècle, l'affirmeront quelques témoins occulaires ont été détruites par "maléfices avec des suzerains". La Confrérie profitera de la conjoncture pour essayer de balayer avec le pouvoir que représentent les Tours des Suzerains et celles de leurs "parents, domestiques, amis, alliés et adhérants à [leurs] accords et bandes", comme on le dira en 1456. La mutilation des Tours signifiera le commencement du succès d'un modèle social surun autre. Ou, plutôt, l'annonce qu'une époque nouvelle approche, époque dans laquelle on procèdera à la synthèse des valeurs représentées par les deux mondes opposés.

Armoiries du Fief deGebara, Comtes d'Oñati
Armoiries du Fief deGebara, Comtes d'Oñati. © Gobierno de Navarra. Libro de Armería del Reino de Navarra.
Armoiries du fief de Balda
Armoiries du fief de Balda. © Gobierno de Navarra. Libro de Armería del Reino de Navarra.

A partir de la solution de l'affrontement entre lignages et, peut être, modèles sociaux ou économiques, réglé au bénéfice des villes et des lignages qui les dirigent, de nombreux Fiefs intensifieront leur présence déjà préalable et timide parmi ces derniers. Si un fils bâtard du Fief d'Atxega est admis en tant que "frère de la Confrérie" par la Province en 1486, Juan López, Seigneur du Fief d'Amezketa obtiendra de la reine Catholique en 1493, la licence pour reconstruire sa Tour d'Amezketa, et Doña Isabelle notifiera au Corrégidor le mandat afin "que ce ne soit pas une Maison Forte, qu'elle n'ait pas de créneaux" et qu'elle soit construite avec "deux combles". Il est connu que quelques années auparavant, quelques chefs de lignage de Grande Famille revenus de l'exil d'Antequera, d'Estepona, etc, en 1457, reconstruiront en briques les étages supérieurs de leur Tour. Ainsi ont agi les Seigneurs de Loiola ou ceux de Balda, dont les Tours montrent encore cette allure parfaitement conservée.


Sceau de plaque sur papier d'Iñigo, Comte d'Oñati, cr. 1490 (Collection privée)
Sceau de plaque sur papier d'Iñigo, Comte d'Oñati, cr. 1490 (Collection privée). © Gobierno Vasco. Irargi, Centro de Patrimonio Documental de Euskadi (Bergara).
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