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Bertan > Corsarios y piratas > Versión en francés: Le XVIIIème siècle

LE XVIIIÈME SIÈCLE

Les attaques françaises

Bien évidemment, le XVIIIème siècle commence par les attaques des corsaires français. Bien qu'en 1692 une frégate avait été équipée à Bilbao pour défendre l'entrée et la sortie des nefs de son estuaire, les vols se succédaient et les corsaires ne respectaient ni les nefs ayant reçu une autorisation, ni les nations amies. En 1709 et 1710, les corsaires français s'emparèrent de vaisseaux en partance pour l'Angleterre et l'Irlande, qui étaient munis de leur passeport correspondant, à la sortie même du port. Les réclamations du Consulat n'eurent aucun résultat.
Quant à nos marins, quelques informations isolées nous sont parvenues, comme par exemple celle de Juan de Zuriarrain, d'Amezketa, qui en 1712 mourut sur un navire corsaire.
Nous savons aussi que le Conseil du Gipuzkoa en appela au Roi dans le cas du "San Julian". Ce navire, qui avait appartenu à des gens de Saint Sébastien, était commandé par un corsaire français, et ne cessait de piller partout en Europe sous un autre nom. Selon la lettre envoyée par le Consulat au Conseil du Gipuzkoa, "ce corsaire trompe et pratique la mauvaise foi avec le capitaine et avec ses gens, et utilise le drapeau hollandais qui n'est pas le sien, cachant celui de sa nation ainsi que son propre nom et celui de son navire".
Il est bien connu qu'au cours de ce siècle, les corsaires basco-français connurent un développement extraordinaire, notamment en période de guerre, comme celle des Sept Ans, où ils constituèrent une source d'inquiétude pour l'Angleterre, ainsi que pendant la guerre de l'Indépendance des États-Unis.
Épées à coquille du XVIIème siècle.
98. Épées à coquille du XVIIème siècle.
© Joseba Urretabizkaia
Blas de Lezo se fit connaître par ses attaques aux pirates qui épouvantaient les vaisseaux espagnols des Antilles.
99. Blas de Lezo se fit connaître par ses attaques aux pirates qui épouvantaient les vaisseaux espagnols des Antilles. © Joseba Urretabizkaia
Le pavillon des tibias et de la tête de mort, le fameux "Jolly Roger".
100. Le pavillon des tibias et de la tête de mort, le fameux "Jolly Roger", ne fut pas le seul utilisé par les pirates pendant "l'Age d'Or de la piraterie" (XVIIème et XVIIIème siècles). Ils leur donnaient souvent une personnalité propre en y ajoutant des sabliers, des gouttes de sang, des flèches, des épées...Mais très souvent aussi, afin de surprendre l'ennemi, les vaisseaux pirates battaient de faux pavillons. Ils utilisaient également des pavillons unis, dont les couleurs avaient une valeur symbolique: noir pour la mort, rouge pour une bataille sans quartier, etc. ("La Connoissance des Pavillons").. © Joseba Urretabizkaia

Les attaques aux Caraïbes

Si nous faisons un saut de l'autre côté de l'Océan, nous pourrons constater qu'au début de ce siècle, la Couronne d'Espagne était incapable d'assumer la surveillance du commerce avec ses colonies; celles-ci à leur tour, riches et développées, n'avaient pas les moyens de transporter leurs produits vers la métropole. Ceci, outre le fait que les Hollandais, les Français et les Anglais s'étaient empressés de s'emparer des petites îles des Caraïbes pour contrôler cette zone, fut la cause de la monopolisation du commerce du Venezuela par les étrangers.
Cependant, quelques marins basques ne se résignaient pas, et ils faisaient face au danger que supposait le commerce sur ces côtes. Comme le capitaine Manuel de Iradi, dont la frégate "Jesús, María, José y San Sebastian" fut abordée en 1711 par un corsaire anglais qu'il repoussa avec trois charges serrées d'artillerie et de mousqueterie, sauvant ainsi son immense chargement et les voyageurs qu'il transportait.
Philippe V essaya alors de favoriser le commerce avec outremer en interdisant l'introduction de tout fruit américain qui aurait été transporté par les étrangers, et en diminuant de moitié leurs droits sur le trafic du cacao.

La Real Compañía Guipuzcoana de Caracas

En 1728, Philippe V accorda au Gipuzkoa la permission de partager les bénéfices du commerce avec la Couronne, par la création d'une Compagnie.
Le 25 Septembre 1728 l'accord fut signé entre l'Espagne et le Gipuzkoa et, deux ans plus tard, les premières nefs partirent de Pasaia vers Caracas.
A travers la "Real Compañía Guipuzcoana de Caracas", la Couronne espagnole s'assurait de la protection des côtes du Venezuela contre le harcèlement des corsaires et des pirates des autres nations. Les navires de la "Real Compañía de Caracas" étaient armés, ce qui leur permettait d'exercer comme corsaires sans délaisser leurs activités commerciales. Les corsaires de la Compagnie furent redoutables et attaquaient surtout les navires anglais et hollandais qui faisaient du commerce illégal.
La "Real Compañía Guipuzcoana de Caracas" bouleversa l'économie de la province. Ses débuts furent fort difficiles, jusqu'à ce que les habitants du Gipuzkoa réussirent à gagner la confiance des Américains et déplacèrent les Hollandais dans ce commerce. Les bénéfices se firent évidents dans les ports de Pasaia et de Donostia-Saint Sébastien, et se reflétèrent aussi dans la construction navale, qui travaillait sans arrêt.
Le maintien de cette ligne commerciale dépendait de l'existence des corsaires, qui garantissaient la possibilité de la développer. D'autant plus qu'entre 1740 et 1748, la guerre de succession autrichienne transforma l'Espagne et l'Angleterre en ennemis.
Les premières nefs de la Compagnie mirent le cap sur Caracas en 1730
101. Les premières nefs de la Compagnie mirent le cap sur Caracas en 1730.
© Joseba Urretabizkaia
"Nuestra Señora del Coro", une frégate armée comme nef corsaire par la "Real Compañía Guipuzcoana" de Caracas". .
102. "Nuestra Señora del Coro", une frégate armée comme nef corsaire par la "Real Compañía Guipuzcoana" de Caracas". © Joseba Urretabizkaia
Les corsaires basques étaient une épine à ôter du côté de la Grande Bretagne, dont les corsaires allaient être dès lors les ennemis naturels de la flotte espagnole, qui récupéra le respect dont elle avait joui à l'époque des Habsbourgs.
Mais retournons à nos corsaires, surtout à ceux qui étaient au service de la "Real Compañía Guipuzcoana de Caracas", dont on avait constamment des nouvelles pendant ces années-là. Des navires comme le "San Ignacio", connu comme "La Peregrina", le "Nª Sra. del Coro", l'"Esperancilla" ou le "San Juan Bautista", dont les hommes d'équipages étaient des marins d'Ataun, de Tolosa, de Villabona, d'Extrémadoure, des Basco-français, des Normands, des Portugais et même des ecclésiastiques de Saint Sébastien, ne cessèrent d'être une source constante d'information pendant ces années où les prisons anglaises étaient remplies de corsaires basques. Les ports du Gipuzkoa s'habituèrent à voir rentrer leurs bateaux en traînant derrière eux des navires anglais faits prisonniers et chargés de marchandises, comme en Avril 1744. A cette date on a le témoignage de deux captures anglaises, la première chargée de trente tonnes de cuivre et le même poids en huile, amandes, raisins secs et maroquin, pour une somme totale de quatre-vingt mille "pesos", et la seconde chargée de quatre-cents cinquante habits confectionnés.
Il est évident que les risques ne se limitaient pas à la défense contre l'ennemi "officiel", et à plus forte raison dans des activités de ce genre. Il fallait se tenir sur ses gardes face à tout type de danger. C'est ainsi qu'en 1747, le navire hollandais "Ana Margarita", qui transportait des vivres pour les habitants de Saint Sébastien, et qui se trouvait déjà à l'entrée du port de Saint Sébastien avec les pilotes à bord, fut fait prisonnier par un chébec corsaire de Bayonne qui les conduisit vers cette ville, violant ainsi le traité existant.
La "Casa de Contratación" et le Consulat de Saint Sébastien écrivirent une lettre au Conseil Général de la province dans laquelle, entre autres allusions à des problèmes soulevés par sept nefs espagnoles au port de Bayonne, il est signalé que..."les côtes sont remplies de corsaires anglais", et pour démontrer que "les natifs de cette province n'ont pas oublié leur ancien courage" le Roi est informé que la "Real Compañía Guipuzcoana de Caracas a armé l'un de ses petits navires à destination de La Guaira".
Ce navire fut équipé en deux jours avec vingt canons et soixante hommes d'équipage, prêts à se défendre jusqu'au bout. Dans la même lettre, il est dit également que "des particuliers vont armer un navire corsaire qui s'adonnera à la poursuite des ennemis de Sa Majesté".
Une action de la "Real Compañía Guipuzcoana de Caracas".
103. Une action de la "Real Compañía Guipuzcoana de Caracas". © Joseba Urretabizkaia
Un coin de Pasajes.
104. Un coin de Pasajes. © Joseba Urretabizkaia
La "Real Compañía Guipuzcoana de Caracas" arriva à avoir dans les cinquante navires, dont la plupart avaient des noms de saints, exception faite de "l'Hermione" et de "l'Aimable Julie". Quelques-uns étaient surtout connus par leur surnom, comme "La Peregrina", "El Pingue", "La Chata" ou "El Caballo Marino". Ils transportaient des voyageurs, le courrier, des livres et des marchandises de toutes sortes. A une certaine époque ils furent un moyen permanent de communication entre l'Europe et l'Amérique.
Mais les signes de la décadence toute proche aparaissaient déjà. Dès 1776, et plus tard en 1781, deux Décrets Royaux établirent la création de compagnies similaires et dont les droits étaient semblables à ceux de la Compagnie du Gipuzkoa. Cette dernière fusionna en 1785 avec la "Real Compañía de Filipinas".
C'est ainsi que finit la vie de la "Real Compañía Guipuzcoana de Caracas" (1728-1785), qui vécut les années les plus hasardeuses de l'hisoire coloniale du Venezuela. En guise d'épilogue, nous pouvons dire que la Compagnie rétablit le contact entre les deux mondes, ce qui supposa un échange d'idées en plus des échanges commerciaux. Ce n'est donc pas par hasard que le Venezuela fut le centre des idées de liberté et d'émancipation des Colonies.
Pour Saint Sébastien, cela supposa le renforcement de la vie municipale et une époque de bien-être.
Il y eut cependant des points noirs, comme l'acceptation de l'esclavage.
Bayonne fut un port corsaire actif pendant toute l'histoire des corsaires basques, même lorsque leurs activités commencèrent leur déclin.
105. Bayonne fut un port corsaire actif pendant toute l'histoire des corsaires basques, même lorsque leurs activités commencèrent leur déclin. © Joseba Urretabizkaia
Gravure de l'estuaire du Deba.
106. Gravure de l'estuaire du Deba. © Joseba Urretabizkaia

Les derniers corsaires

Mais l'ingérence de plus en plus croissante et méticuleuse du Département des Finances ne faisait qu'entraver et rendre moins rentables les affaires corsaires. En 1779, le Consulat de Saint Sébastien propose pour la dernière fois d'armer un navire corsaire.
Cette année-là, la ville de Deba se plaignait d'un petit navire corsaire anglais qui rôdait le long de ses côtes, mais elle ne disposait "d'aucun canon", restant à leur merci et sans poudre. Le commandant général de Saint Sébastien, le marquis de Bassecout, parle également "des corsaires ennemis qui infestent nos côtes". Il se plaint aussi du manque d'artillerie.
En 1783, l'Espagne et l'Angleterre, que dûrent s'affronter encore une fois au cours de ce siècle, cette fois-ci à cause du support espagnol è l'indépendance des États-Unis, parvinrent finalement à signer la paix, après quelques désastres en mer.
La proximité de la côte a toujours défini le caractère des activités de ses habitants.
107. La proximité de la côte a toujours défini le caractère des activités de ses habitants.
© Joseba Urretabizkaia
Les corsaires basques font déjà partie de la mémoire.
108. Les corsaires basques font déjà partie de la mémoire. © Joseba Urretabizkaia
C'est à ce moment-là que commence à s'éffacer le monde corsaire qui nous occupe aujourd'hui et qui occupa encore davantage nos ancêtres pendant des siècles.
De l'autre côté de la frontière, c'est justement à la fin du XVIIIème siècle qu'apparaissent les derniers grands personnages corsaires basco-français. Selon Iriart, il s'agit de figures isolées, destinées à vivre des combats et des aventures romanesques, et dont les vies semblent tirées d'un roman.
Pasajes.
109. Pasajes.© Joseba Urretabizkaia
Quelques personnages du Gipuzkoa naviguèrent à bord des vaisseaux pirates étrangers. Ce fut le cas de Joaquin de Iturbe "Joaquín Xantua", d'Elgeta, célèbre bandit qui fut dans sa jeunesse pirate ou corsaire et qui naviga à bord de deux canonnières françaises. Il finit par être emprisonné à la Forteresse de la Mota de Saint Sébastien en 1799.
110. Quelques personnages du Gipuzkoa naviguèrent à bord des vaisseaux pirates étrangers. Ce fut le cas de Joaquin de Iturbe "Joaquín Xantua", d'Elgeta, célèbre bandit qui fut dans sa jeunesse pirate ou corsaire et qui naviga à bord de deux canonnières françaises. Il finit par être emprisonné à la Forteresse de la Mota de Saint Sébastien en 1799.
© Joseba Urretabizkaia
Ichetebe Pellot, né à Hendaye en 1765, fut connu par ses ruses, ses astuces et son audace, et ses exploits se répandirent sur tous les océans.
Suivant la tradition des pirates et des loups de mer de la littérature, presque toujours borgnes, mutilés et rénégats, nous avons Destebetxo, né à Saint Jean de Luz. A part d'être laid et maigre, il était totalement recouvert de cicatrices, et un coup de canon indiscret lui refit le chirurgie avec l'amputation de ses deux fesses. Il agit surtout dans les eaux du Golfe de Gascogne.
Le filibustier Nicolas Jean de Laffitte naquit en 1791 à Bayonne selon les uns et à Ciboure selon les autres. Il avait son quartier général à la Nouvelle Orléans et son théâtre d'opérations fut l'Amérique. .
Ichetebe Pellot.
111. Ichetebe Pellot. © Joseba Urretabizkaia
A Bayonne et à Saint Sébastien, quelques noms de rues conservent le souvenir et l'évocation des corsaires basques.
112. A Bayonne et à Saint Sébastien, quelques noms de rues conservent le souvenir et l'évocation des corsaires basques. © Joseba Urretabizkaia
Nicolas Jean de Laffite (Dessin de P. Tillac).
113. Nicolas Jean de Laffite (Dessin de P. Tillac). © Joseba Urretabizkaia

La fin

En 1802, l'Ordonnance d'Immatriculation établissait que "pour qu'un navire puisse être armé en corsaire, le Commandant de Marine doit en être avisé", perdant ainsi tout l'attrait de l'imprévu.
Cependant, jusqu'à la signature du "Traité de Paris" en 1856, les lettres de marque, qui n'avaient pas été utilisées depuis longtemps, ne furent pas officiellement et définitivement supprimées.
Les hommes de nos ports durent se livrer à des activités qu'ils n'avaient jamais abandonnées totalement et où ils étaient également experts. Le chemin suivi par le destin est irreversible. Les temps modernes sont venus confirmer la mort de nos anciens corsaires.
Réparation des filets.
114. Réparation des filets. © Joseba Urretabizkaia


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